Les bases de la photographie numérique

De nombreux photographes amateurs ou débutants sont un peu perdus devant la multitude de réglages possibles sur un appareil photo. Afin de comprendre un peu plus les effets de tel ou tel paramètre, ainsi que le fonctionnement des modes souvent proposés, voici quelques explications.

La sensibilité

Exprimée en iso, cette valeur est héritée des pellicules à l’époque de l’argentique. Aujourd’hui cela exprime la sensibilité du capteur de l’appareil photo à la lumière. Plus la valeur est élevée, plus il pourra produire des images par faible luminosité. Quelques réglages types :

La sensibilité maximale d’un appareil photo détermine sa capacité à percevoir correctement les images dans le noir. Attention, tous ne sont pas égaux ! A valeur d’iso importante égale, les hybrides ou reflex plein format (24x36mm de taille de capteur) présenteront des images bien plus détaillée que des compacts avec de petits capteurs. Le bruit numérique (impression de poussières et de flou sur les images) est souvent proportionnel à la montée en iso.

Pour contrer cela, il est possible de jouer sur le temps de pose et sur l’utilisation du flash… mais c’est un autre sujet !

L'ouverture

Schématiquement, l’ouverture représente la taille du trou par lequel la lumière va rentrer dans l’appareil photo. La valeur affichée correspond à la proportion de la taille maximale. Par exemple f/4 signifie ¼ de l’ouverture maximale, soit seulement 25% de lumière. f/8 correspond à 1/8 et ainsi de suite.

Quand on parle d’ouverture fixe sur un zoom, c’est que, quelque soit la focale, l’ouverture maxi (la valeur la plus petite) reste constante. Par exemple sur un 24-70 mm f/4, de 24 à 70mm, l’ouverture maxi sera de f/4 soit 25%.

Quand on parle d’ouverture glissante sur un zoom, c’est que l’ouverture maxi va évoluer avec la focale. Par exemple sur un 15-30 mm  f/4.5-6.3, l’ouverture maximale à 15 mm sera de f/4.5 mais plus que f/6.3 à 30 mm.L’ouverture va avoir trois effets sur une image.

La vitesse ou temps d'exposition

Il s’agit du temps d’ouverture exprimé en secondes pendant lequel le capteur va être exposé à la lumière. Si on devait faire un parallèle avec un robinet : plus on l’ouvre longtemps, plus il y a d’eau. C’est la même chose avec la lumière. Mais attention, cette vitesse va avoir une grande importance selon le type d’image et de matériel.

La composition

Là, on rentre dans un domaine très subjectif ! La composition d’une image correspond à la disposition des éléments dans le cadre de l’image. Comment est placé le sujet principal, les lignes principales, les lumières ou les ombres.

Il existe bien des règles qu’il faut avoir testées pour ensuite les faire siennes. Il y a la règle des tiers qui privilégie les éléments importants sur un tiers vertical ou horizontal de l’image. Celle du 50/50 qui implique par exemple que l’on compose l’image avec 50% de ciel et 50% de mer ou de montagne. Le nombre d’or, la spirale, les diagonales… toutes ces règles sont très anciennes et ont été instaurées au fil des années dans la peinture et reprise dans la photographie.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise règle. Il y a celles qui s’appliquent dans un contexte particulier et les autres. A vous d’exercer votre œil et de trouver la meilleure composition qui vous fait vibrer. Après tout, ce sont vos photos, votre regard d’artiste !

La profondeur de champ

La profondeur de champ ou PDC, c’est la distance entre le premier plan net de votre image et le dernier plan net. Avant et après, il y a du flou.

Une faible PDC pourra mettre en valeur un portrait ou une photo macro d’un insecte. Une PDC plus grande sera à privilégier pour un paysage ou un groupe.

La PDC est, au-delà du type d’équipement, issue de 2 facteurs principaux :

Les flous

Il faut distinguer 3 types de flou pour faire simple :

Le mode T ou Tv

Ce mode est disponible sur une grande partie des appareils photo. C’est la priorité vitesse. On vient fixer la vitesse d’ouverture et le reste des paramètres s’ajustent automatiquement pour avoir une exposition correcte (luminosité). Pratique pour les photos de sport par exemple.

Le mode A ou Av

Là c’est l’ouverture qui est définie par l’utilisateur. Le temps de pose (ou vitesse d’obturation) sera déterminé automatiquement par l’appareil photo. C’est plus intéressant pour les portraits ou les paysages. Attention, parfois, une vitesse trop lente sera appliquée, impliquant un flou de bougé possible.

Le mode M

Le graal du photographe ? On en reparle !

C’est le mode tout manuel. Le photographe va décider du temps d’exposition ET de l’ouverture… et de la sensibilité. Bref, il a la main sur tous les paramètres pour faire ce qu’il veut. Ou ce qu’il peut s’il débute !

Le gros intérêt des compacts, des bridges et surtout des hybrides, c’est qu’en modifiant les paramètres, l’appareil montre dans le viseur ou sur l’écran une simulation du rendu final. Avec un reflex, c’est plus complexe.

En synthèse

Mode M, Av, Tv ? Que faire ? Pas de stress ! Plus votre compréhension des éléments qui constituent une photo grandit, plus vous pouvez prendre des libertés et avancer vers le tout manuel… ou pas ! Le plus important selon moi c’est toujours de se faire plaisir en prenant une photo… alors peu importe si elle est faite avec un smartphone en mode portrait où l’IA va générer des flous de premier et d’arrière-plan flatteurs... ou si le photographe a mis 12 minutes à peaufiner ses réglages en tout manuel ! Seul le plaisir de faire une image et de la montrer compte.